Nassira Lachlak publie « Le Fil invisible – Tome 2 » : l’émir Khaled, entre résistance et éveil politique

Trois ans après avoir posé les bases d’une saga mémorielle consacrée aux émirs Abdelkader, El Hachemi et Khaled, l’écrivaine et chercheuse Nassira Lachlak publie la suite attendue de son cycle. « Le Fil invisible – Tome 2 : Émir Khaled, une mémoire en héritage » paraît en ce mois de septembre 2026 aux éditions Édilivre. 184 pages resserrées sur un homme situé à la charnière de deux mondes : celui de la résistance et celui du journalisme politique naissant.

Des pierres, des classes, des rêves : à Sidi Bel-Abbès, l’école Hasnaoui du Rocher fin prête pour la rentrée

À Sidi Bel-Abbès, l’établissement primaire Bouchama Ben Ali est l’aboutissement d’une opération lancée en septembre 2025 par le Groupe des Sociétés Hasnaoui. Réalisée sur financement propre et destinée au secteur public de l’éducation, cette infrastructure de douze classes pose une question plus large : jusqu’où le mécénat d’entreprise peut-il contribuer à fabriquer les équipements collectifs dont une ville en expansion a besoin ?

Sid Ahmed Sahla :L’âme de l’Oranie s’éteint, entre plume journalistique et planches sacrées

Algérie culturelle et médiatique est en deuil. Sid Ahmed Sahla, figure emblématique de la presse oranaise et dramaturge à la sensibilité à fleur de peau, nous a quittés ce mercredi 12 août 2026 à l’âge de 74 ans. Celui qui a fait de la langue algérienne son plus beau combat laisse derrière lui une œuvre où le journalisme d’investigation et le théâtre se rejoignent dans une même quête : celle de la vérité et de la mémoire.

Sidi Bel-Abbès irrigue Niamey : le pari africain du Groupe CHIALI   

Pendant que Sidi Bel-Abbès accueille cette semaine son Salon national des fruits destinés à l’exportation, dix camions ont pris, sans grand bruit, la route du Niger. Onzième convoi du genre pour le Groupe CHIALI, cette expédition de tubes en polyéthylène raconte, mieux qu’un communiqué officiel, la mue silencieuse d’une industrie algérienne qui apprend à vivre sans la rente pétrolière.

L’excellence n’a pas de code postal : la leçon du lycée de Tessala

À force de parler de crise scolaire, on finit par ne plus voir les réussites qui démentent les clichés. Dans plusieurs wilayas, des lycées installés loin des grands centres urbains obtiennent des résultats remarquables, parfois supérieurs à ceux des établissements les plus réputés. Le cas de Tessala, dans la wilaya de Sidi Bel Abbès, montre que l’école algérienne sait produire de l’excellence dans ses marges — mais pas toujours la reconnaître.

Les routes de l’encre : quand l’Algérie redécouvre ses trésors manuscrits

Plus de 17 000 documents restaurés, des milliers d’autres éparpillés entre Tunis, La Mecque, Al-Qods et des bibliothèques ottomanes : le patrimoine manuscrit algérien est à la fois colossal et fragile. Réunis deux jours durant au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, sous le patronage du président Abdelmadjid Tebboune, chercheurs d’Algérie, d’Égypte, de Tunisie, de Palestine et du monde arabe ont conjugué leurs voix pour réclamer un plan d’urgence. Entre inventaires à compléter, numérisation assistée par IA et diplomatie culturelle à intensifier, les « routes de l’encre » algériennes n’ont jamais été aussi vivantes — ni aussi menacées.

L’ENIE signe avec l’ATRST : quand la recherche algérienne passe à l’acte industriel

La signature, mardi 2 juin 2026 à Sidi Bel-Abbès, d’une convention de recherche entre l’Entreprise Nationale des Industries Électroniques et l’Agence Thématique de Recherche en Sciences et Technologies (ATRST) n’est pas un événement de routine administrative. C’est le signe visible d’une ambition nationale : transformer l’Algérie, pays exportateur d’hydrocarbures, en puissance productrice de technologies énergétiques propres.

Back to Town : quand Batna retrouve sa jeunesse électrique

Dans une salle qui porte elle-même les traces du temps, le ciné-club Anis propose ce samedi une rencontre rare : celle d’un film qui ressuscite les Play Boys de Batna, groupe emblématique des années 1960, et d’un public que la mémoire musicale algérienne n’a cessé de traverser. « Back to Town » de Djamel Lakehal — Grand Prix Technique du Festival International du Film d’Alger 2025 — sera projeté à 14 h à la cinémathèque El Moksi, en présence de son réalisateur.

Emir Abdelkader, bâtisseur d’État et précurseur des droits humains : Mascara célèbre un géant de l’Histoire

À Mascara, ville natale de l’Émir, une conférence scientifique de haut niveau a rendu hommage, lundi soir, à l’une des figures les plus complexes et les plus universelles de l’histoire algérienne. Fondateur d’un État souverain, stratège militaire hors pair et pionnier du droit humanitaire international, Abdelkader Al-Jazairi continue, 143 ans après sa mort, d’irriguer la mémoire collective et d’inspirer les débats contemporains.

LYNDA CHOUITEN, PASSEUSE DE LANGUES ET BRISSEUSE DE SILENCES

Un cheveu dans une soupe. Une couturière algérienne rêvant de Vienne. Des blattes qui dansent sur fond de Hirak. Lynda Chouiten n’écrit pas des romans ordinaires — elle construit des architectures qui dérangent. Depuis son premier roman paru en 2017, cette universitaire de Boumerdès, née en Kabylie, a imposé un style reconnaissable entre mille : drôle et grave, lyrique et incisif, enraciné dans l’Algérie profonde et ouvert sur le monde. Sa prose a traversé l’Atlantique. Il est temps d’en examiner les fondations.

Dol, troll et pseudos : les nouveaux jeux de rôles numériques

En 1993, le dessinateur Peter Steiner publiait dans le New Yorker une vignette devenue prophétique : deux chiens devant un ordinateur, l’un confiant à l’autre — « Sur internet, personne ne sait que tu es un chien. » Trente ans ont passé. On ne rit plus. Ce qui était une boutade est devenu une architecture. Et derrière cette architecture, le vieux droit civil a un mot précis pour ce qui se passe : le dol. La tromperie organisée. Le vice du consentement à l’heure des avatars.

Ahmed Réda Houhou : Le père oublié du roman algérien en langue arabe

Pourtant, ce visage aux lunettes rondes est celui de l’homme qui a changé le cours des lettres algériennes — en arabe, la langue que le système colonial s’acharnait à faire taire. Ahmed Réda Houhou, né en 1910 à Sidi Okba et assassiné à Constantine le 29 mars 1956, est le premier romancier algérien de langue arabe, le précurseur du journalisme satirique au Maghreb, et l’une des consciences les plus lucides que la guerre d’indépendance ait sacrifiées sur son autel. Soixante-neuf ans après sa mort, son nom mérite enfin la place que l’histoire lui doit.

Nassira Lachlak : la chercheuse qui a choisi le poème pour voir l’invisible

Pionnière des biotechnologies, détentrice de brevets, docteure en recherche médicale — Nassira Lachlak aurait pu s’arrêter là. En février 2026, elle a publié Prismes d’émotions, son premier recueil de poésie, quatre-vingt-dix textes qui prouvent qu’entre le microscope et la métaphore, il n’existe parfois qu’une seule et même façon de chercher la vérité.

SIDI BEL-ABBÉS : À la Croisée de la Mémoire et de l’Identité

Ils sont venus de Sidi Bel Abbès, de Saïda, d’Aïn Témouchent, de Mascara, de Constantine, de M’Sila. Universitaires chevronnés, chercheurs indépendants, gardiens d’une mémoire plurielle. Réunis le 30 avril 2026 sous les voûtes de la Maison de la Culture « Kateb Yacine », ils ont transformé une salle de conférences en tribunal de l’histoire — celui qui rend à la Mékerra ce que le temps et l’oubli lui ont pris.

Mir Mohamed honoré à Sidi Bel-Abbès :

La direction de la culture et des arts Kateb Yacine de Sidi Bel-Abbès a rendu, ce jeudi 30 avril, en collaboration avec les enseignants et chercheurs en histoire de l’université Djilali Liabès, un hommage mérité au journaliste et écrivain Mir Mohamed. Cinq décennies d’écriture engagée, une double identité de reporter et de statisticien, un ancrage indéfectible dans son Oranie natale : la cérémonie a célébré une voix rare et précieuse du paysage culturel algérien.

Djilali Kadid — L’Églogue en Bleu

S’arrêter devant la dernière toile de Djilali Kadid, « Chafchaouen, le poème bleu », c’est accepter de perdre ses repères géographiques pour entrer dans une géographie de l’âme. Inscrit dans la série « Le Tour du Jour en 80 Mondes », ce nouvel acte dépasse la simple vue urbaine : il nous plonge dans une fréquence chromatique pure, portée par l’expérience cumulée d’un artiste que quatre décennies de peinture, de voyages et de transmissions culturelles ont forgé de façon unique.

Si Abdelkrim, soixante-quatre ans de silence : ce que les archives n’ont pas encore dit

Il est mort armes à la main, un 26 avril 1962 — trente-huit jours après le cessez-le-feu censé mettre fin à la guerre d’Indépendance. Son nom : Bentayeb Mohamed. Son nom de guerre, celui que les anciens bel-abbésiens  murmurent encore : Si Abdelkrim. Lieutenant de l’ALN, commandant de la Nahia 3 de la Wilaya V historique, organisateur d’un réseau clandestin au cœur d’une ville tenue par la Légion étrangère. Avec lui tombaient ce jour-là sept de ses compagnons. Leurs corps ne furent jamais retrouvés. Soixante-quatre ans après, la vérité complète sur leur mort n’a pas encore été dite.

Sidi Bel-Abbès : la Charte de l’Environnement, vingt ans de promesses non tenues et un avenir à saisir

Il y a plus de vingt ans, les autorités de la wilaya de Sidi Bel-Abbès signaient un document ambitieux, presque prophétique : la Charte de l’Environnement. Un texte fondateur qui diagnostiquait avec lucidité les maux écologiques de la région, traçait des lignes d’action précises et appelait à une mobilisation collective. Mais la charte est restée lettre morte. Aujourd’hui, alors que la crise climatique s’accélère, ce texte oublié mérite d’être exhumé — non pas comme une relique, mais comme une boussole.

École Avicenne de Sidi Bel-Abbès : la mémoire volée, puis reconquise

L’histoire commence avant la première pierre. Sidi Bel-Abbès possédait déjà, dès 1882, la première école primaire supérieure d’Algérie — comme le rappelait Bachir Benhamza, ancien élève entre 1948 et 1954, avec une fierté mêlée de mélancolie. L’établissement que l’on connaîtra sous le nom d’Avicenne ne sera érigé qu’en 1927, dans le quartier populaire d’El Graba, aujourd’hui baptisé quartier Émir Abdelkader. Son nom d’origine ? « École de Garçons Indigènes ». Quatre mots d’une violence froide qui résumaient, sans fard, toute la philosophie du système colonial en matière d’éducation.

Africa-UniNet à Saïda : la coopération scientifique africano-autrichienne face à l’épreuve du terrain

Pendant trois jours, l’Université Dr Moulay-Tahar de Saïda accueille la quatrième Assemblée générale d’Africa-UniNet. Au programme : climat, zones humides, villes résilientes, santé, énergie et innovation ouverte. Mais l’essentiel se joue ailleurs, dans ce que ce réseau d’universités africaines et autrichiennes parviendra à produire une fois les délégations rentrées chez elles.

Chronique littéraire : De Sulitzer à Orélien, l’académie n’a pas changé de morale

Quatre jours. C’est le temps qu’il aura fallu pour que Thélyson Orélien, jeune lauréat du prix du roman Fnac, bascule du statut de révélation littéraire à celui d’exclu de la sélection Goncourt. Son tort présumé : avoir laissé une intelligence artificielle toucher à son manuscrit. Mais l’histoire du livre regorge de prêtes-plumes, de collaborateurs de l’ombre et d’auteurs non crédités, dont l’intervention dans la fabrication des œuvres n’a jamais tiré une telle mise à l’index — et même à l’intérieur de l’Académie, tout le monde ne s’accorde pas sur la sentence.

Des eaux usées aux champs : Sidi Bel-Abbès, laboratoire discret de l’Algérie post-pénurie

Le 15 août, le ministre de l’Hydraulique a posé la première pierre d’un périmètre agricole de 100 hectares à Ras El-Ma, entièrement alimenté par les eaux usées traitées de la commune. Un geste protocolaire modeste en apparence — mais qui s’inscrit dans un mouvement bien plus large : de la Mitidja à l’Ouest algérien, l’eau qu’on évacuait hier vers les oueds devient la ressource sur laquelle Alger mise pour irriguer demain.

Albert Camus, d’une rive à l’autre

Soixante-six ans après sa disparition, Albert Camus demeure l’un des rares écrivains capables de faire dialoguer, sans les confondre, la mémoire algérienne et celle des Français d’Algérie. Publié en juillet 2026 sous la direction littéraire de Marie-Claude San Juan, l’essai collectif Albert Camus, d’une rive à l’autre réunit vingt-deux voix des deux bords de la Méditerranée en sept mouvements. Un seul pari les traverse toutes : faire de l’auteur de La Peste un pont, plutôt qu’un champ de bataille mémoriel.

Les barreaux de la désillusion

Il aura fallu deux cambriolages, un logement méthodiquement saccagé et des semaines d’efforts réduites à néant pour que le journaliste Mir Mohamed se résigne à accomplir un geste qu’il avait toujours considéré comme une défaite : poser des barreaux métalliques aux balcons de son appartement. Cette décision n’est pas seulement celle d’un propriétaire soucieux de protéger ses biens. Elle raconte une époque.

Sous le « matelas électoral » : ce que Le Matin d’Algérie donne à lire du verrouillage démocratique

Publié le 10 juillet 2026 dans Le Matin d’Algérie sous la signature de Mir Mohamed, un article intitulé « Algérie : sous le « matelas électoral », la semelle de labour qui verrouille le vote » propose une lecture structurelle des législatives du 2 juillet — au-delà du seul commentaire des résultats. Sa thèse mérite qu’on s’y arrête, et qu’on la discute.

REVOLUTION AGRAIRE: CE QUE LE SOCIOLOGUE ABDELKRIM ELAIDI REVELE D’UNE UTOPIE RURALE ALGERIENNE

Deux millions d’hectares redistribués, des milliers d’étudiants envoyés dans les campagnes, des villages entiers sortis de terre au nom du socialisme : la Révolution agraire lancée par Houari Boumediene en novembre 1971 reste l’une des expériences les plus audacieuses de l’Algérie indépendante. Plus de cinquante ans après, le sociologue Abdelkrim Elaidi en propose une relecture qui déplace le regard : moins une chronique des textes officiels qu’une histoire des acteurs, de leurs doutes et de leurs engagements.

Yves Chabert, le passeur oublié de la coopération agricole algéro-française

Il est mort un 27 juin 2008, à Chaville, dans les Hauts-de-Seine, à l’âge de 80 ans. Né le 2 février 1928 à Avesnes-sur-Helpe, Yves Chabert avait passé sa vie entière à refuser que la Méditerranée soit une frontière. Président de la Fédération nationale des producteurs de lait, fondateur du Festival animalier international de Rambouillet, ancien élève de l’École régionale d’agriculture de Sidi Bel-Abbès : cet homme de terrain avait consacré ses dernières années à bâtir deux projets concrets pour l’Oranie. Dix-huit ans après sa disparition, ces projets attendent toujours. Ce silence mérite d’être rompu.

Algérie : L’UDL de SBA et le Centre national des manuscrits s’allient pour arracher à l’oubli une mémoire millénaire

Le 7 juin 2026, lors de la Journée nationale du livre, l’Université Djillali Liabès de Sidi Bel Abbès et le Centre national des manuscrits ont signé une convention de coopération scientifique. Derrière cet accord : des milliers de manuscrits algériens menacés, dispersés dans des bibliothèques familiales et des zaouïas, que le temps ronge sans relâche.